- Comment mener votre analyse de matérialité : étape par étape
- Commencez par votre cartographie des parties prenantes
- Identifiez les impacts réels et potentiels
- Évaluez l’importance en fonction de la gravité
- Assurez la supervision par les instances de direction et la publication des résultats
- Procédez à des révisions régulières
- Ressources supplémentaires
Cet article explique comment réaliser votre analyse de matérialité dans le cadre des standards de B Lab V2.
Une analyse de matérialité n'est pas une simple formalité, c'est le fondement de votre stratégie d'impact.
La sous-exigence MGPP 2.3 exige des entreprises qu'elles identifient ce qui compte réellement, en considérant les personnes et les écosystèmes touchés par leurs activités. Bien menée, elle met en lumière des impacts dont vous ignoriez l’existence et ouvre le dialogue avec des parties prenantes qui sont rarement entendues.
Une analyse de matérialité est un processus qui permet d’identifier les enjeux économiques, sociaux et environnementaux les plus significatifs de l’entreprise, qui méritent une attention particulière et des mesures concrètes.
Cet article se concentre sur la sous-exigence MGPP 2.3 : « L’entreprise réalise régulièrement une analyse de matérialité afin d’évaluer et d’identifier les sujets matériels. » Cette exigence s’appuie sur plusieurs autres cadres internationaux afin de favoriser une plus grande interopérabilité. Il s’agit notamment de la Global Reporting Initiative (GRI) 3 « Sujets matériels » et de la directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD), ainsi que des ESRS qui la sous-tendent.
L’entreprise peut combiner l’évaluation MGPP 2.3 avec l’évaluation des impacts environnementaux négatifs réels et potentiels (GEC 1.7) et l’identification des enjeux majeurs en matière de droits humains (DH 2.1), à condition que les critères de conformité respectifs de ces sous-exigences soient également remplis.
Comment mener votre analyse de matérialité : étape par étape
Commencez par votre cartographie des parties prenantes
Avant de concevoir tout processus de dialogue, identifiez les personnes concernées par votre activité tout au long de votre chaîne de valeur, et pas seulement au niveau de vos opérations immédiates. La sous-exigence requiert un dialogue avec six groupes de parties prenantes ou leurs représentant·es, y compris la communauté et le vivant. Au cours de cette étape, vous pouvez établir un premier aperçu général des activités de votre organisation.
Identifiez les impacts réels et potentiels
Identifiez ensuite vos impacts réels et potentiels sur l’économie, le vivant et les humains, y compris les impacts sur les droits humains, à travers l’ensemble des opérations et de la chaîne de valeur de votre entreprise.
Cette sous-exigence interdit d’adopter une approche par la seule matérialité financière. L’entreprise doit appliquer une approche par la double matérialité (ou matérialité d’impact) et répondre à la question clé : « Comment notre activité affecte-t-elle les humains et le vivant ? ».
Pour B Lab, l’entreprise doit, au minimum, impliquer les parties prenantes suivantes ou leurs représentant·es afin de recueillir des contributions sur les enjeux matériels :
Les collaborateurs et collaboratrices de l’entreprise ou de ses filiales
Les fournisseurs
Les clients
Les investisseurs
La communauté dans laquelle se trouvent les bureaux ou les installations de l’entreprise, de ses filiales, de ses fournisseurs ou de ses investissements
L’environnement local ou mondial
Le vivant n’a pas de voix ; vous devrez donc vous exprimer en son nom en vous appuyant sur des données scientifiques ou l’avis d’expert·es. Ce n’est pas facultatif, cela fait partie intégrante de la cartographie des parties prenantes.
Il n’est pas nécessaire d’impliquer chaque individu au sein d’une catégorie de parties prenantes. Le périmètre et la méthode d’implication doivent refléter le contexte spécifique de votre entreprise. Ce qui importe, c’est que chaque catégorie de parties prenantes soit représentée de manière significative, afin de garantir que les contributions recueillies soient pertinentes et suffisantes pour une analyse de matérialité robuste.
En outre, vous pouvez recueillir des informations complémentaires auprès de sources internes et externes, telles que :
des évaluations réalisées par des tiers
des audits financiers
la comptabilité d’impact
des inspections en matière de santé et de sécurité au travail
des informations issues des procédures de réclamation
des informations provenant de sources externes, telles que la recherche scientifique ou les organes de presse.
Évaluez l’importance en fonction de la gravité
Pour déterminer vos sujets matériels, les impacts doivent être classés par ordre de priorité en fonction de leur importance. Classez les impacts négatifs séparément des impacts positifs, et définissez un seuil clair pour déterminer ce qui est considéré comme matériel.
Les impacts négatifs peuvent être classés en impacts négatifs réels ou potentiels. Les impacts négatifs réels doivent être classés par ordre de priorité en fonction de leur gravité, tandis que les impacts négatifs potentiels doivent l’être en fonction à la fois de leur gravité et de leur probabilité. La gravité doit l’emporter sur la probabilité, de sorte que les impacts très graves, même s’ils sont peu probables, restent prioritaires.
La gravité se définit selon trois dimensions :
L’ampleur — quelle serait la sévérité de l’impact ?
Le périmètre — combien de personnes seraient touchées ?
La facilité de remédiation — dans quelle mesure le préjudice est-il réversible ? Le non-paiement des salaires peut être corrigé ; une maladie professionnelle, non.
Niveaux de gravité :
Élevé — préjudice majeur, irréparable et durable causé aux personnes ou à l’environnement
Moyen — préjudice significatif et durable
Faible — préjudice mineur, réparable et temporaire
La probabilité évalue la fréquence à laquelle l’impact se produit :
Élevée — devrait se produire en continu
Moyenne — se produit régulièrement (de plusieurs fois par mois à une fois par an)
Faible — se produit seulement occasionnellement (par exemple, au cours d’une phase spécifique d’un projet)
Exemple : il est peu probable qu’un fournisseur recoure au travail forcé, mais la gravité de ce problème (atteinte irréversible aux droits humains, touchant de nombreuses personnes) implique qu’il doit être classé plus haut qu’un problème fréquent mais mineur, tel qu’un retard de paiement occasionnel à un petit fournisseur.
Assurez la supervision par les instances de direction et la publication des résultats
Votre plus haut organe de direction doit superviser le processus et examiner les conclusions. Les membres de ce plus haut organe de direction doivent comprendre la méthodologie, savoir qui a été impliqué et être en mesure d’interpréter les conclusions.
Le produit final, qu’il s’agisse d’une matrice de matérialité ou d’une liste classée par ordre d’importance des thématiques, doit être rendu public, accompagné d’un résumé de la manière dont les parties prenantes ont été engagées.
Procédez à des révisions régulières
La sous-exigence requiert une analyse complète tous les 36 mois et une révision intermédiaire entre ces deux analyses. La révision intermédiaire ne doit pas nécessairement reproduire l’intégralité du processus. Il peut s’agir d’une enquête annuelle auprès des fournisseurs, d’un suivi des tendances en matière de procédures de réclamation ou d’une analyse structurée des retours clients. Documentez les enseignements tirés et la manière dont ils actualisent vos sujets matériels.
Ressources supplémentaires
- Exemples de preuves relatifs à Mission et Gouvernance des Parties Prenantes
- Cartographie de l'interopérabilité des standards de B Lab
- Sujets matériels selon la norme GRI 3
Note importante : Les informations contenues dans cet article ne font pas partie des standards de B Lab et doivent être utilisées à titre informatif uniquement. Elles ne garantissent pas un résultat d’audit favorable. Toutes les décisions d’audit finales sont prises de manière indépendante par les organismes vérificateurs tiers indépendants qui travaillent avec B Lab. B Lab décline toute responsabilité quant aux actions, décisions ou omissions de ces organismes indépendants.
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