MGPP 1.1 : Comment formuler une raison d'être authentique

Modifié le  Ven, 14 Août à 8:52 H

Mis à jour le mardi 5 mai à 9h36


Cet article explique comment atteindre la première sous-exigence de la thématique d'impact Mission et Gouvernance des Parties Prenantes (MGPP 1.1). Conformément à la sous-exigence MGPP 1.1, votre entreprise doit établir une raison d'être accessible publiquement qui énonce clairement l'impact positif spécifique que votre activité vise à créer pour la société et/ou l'environnement, et qui oriente concrètement votre stratégie et votre gouvernance. Une raison d'être bien formulée doit :

  • Être ancrée dans l'activité de l'entreprise et servir de principe directeur pour ses activités commerciales et ses opérations au quotidien, et non limitée à des contributions philanthropiques ou des projets annexes.

  • S'appuyer sur des politiques concrètes, des indicateurs clés de performance (KPI) et des mécanismes de suivi, de sorte qu'elle soit opérationnelle et mesurable et non purement déclarative.


Comment atteindre la sous-exigence MGPP 1.1 dans les standards de B Lab

La sous-exigence MGPP 1.1 s'inscrit dans la thématique d'impact Mission et Gouvernance des Parties Prenantes, qui encourage les entreprises à inscrire une raison d'être sociale ou environnementale et à intégrer une approche centrée sur les parties prenantes au cœur de leurs activités et de leur gouvernance. Conformément à la sous-exigence MGPP 1.1, les entreprises doivent disposer d'une raison d'être publiquement accessible qui :

  • Présente de manière précise l'impact positif et significatif que l'entreprise entend avoir sur la société ou l'environnement, ou les deux ;

  • Concerne les activités commerciales de l'entreprise et s'intègre dans sa stratégie (ou s’accompagne d'une déclaration qui précise en quoi elle est pertinente et comment elle est intégrée) ;

  • Est rendue publique sur le site internet de l'entreprise ;

  • Est approuvée par la plus haute instance de direction de l'entreprise.

L'objectif est de s'assurer que la raison d'être, bien qu'ambitieuse, soit opérationnelle et fasse l'objet d'un suivi au plus haut niveau de gouvernance de l’entreprise.


Les risques de social washing et de greenwashing

Les risques de social washing et de greenwashing surviennent lorsqu'il existe un écart entre ce que l'entreprise affirme publiquement et la réalité de ses pratiques. Dans le cadre de la thématique d’impact MGPP, ces risques sont considérés comme des enjeux systémiques en lien avec la gouvernance de l'entreprise, et non comme des erreurs de communication, car ils portent atteinte à la confiance des parties prenantes et à la responsabilisation de l'entreprise à leur égard.


Définitions :


Social washing : Pratique consistant à formuler des allégations trompeuses, non étayées ou exagérées concernant l’impact social d'un produit, d'un service ou d'une organisation, notamment lorsque ces allégations ne sont pas appuyées par des preuves ou une vérification indépendante, ou lorsqu'elles occultent d’autres impacts sociaux négatifs.


Greenwashing : Pratique consistant à formuler des allégations trompeuses, non étayées, vagues ou disproportionnées concernant l'impact ou les bénéfices environnementaux réels d'un produit, d'un service ou d'une organisation, notamment lorsque ces allégations ne sont pas appuyées par des preuves scientifiques ou une vérification indépendante, ou lorsqu'elles occultent des compromis significatifs ou d'autres impacts environnementaux négatifs.


Les risques sont particulièrement élevés lorsque la raison d'être est :

  • Formulée de manière vague. Une formulation telle que « Nous aspirons à rendre le monde meilleur » ne satisfera vraisemblablement pas aux exigences des standards de B Lab, car elle ne précise ni le type de changement visé ni le domaine concerné, et pourrait donc prêter à des utilisations abusives.

  • Irréaliste. Une raison d'être trop ambitieuse pour que l'entreprise puisse la mettre en œuvre concrètement, ou sans lien réel avec son activité, peut être considérée comme trompeuse et relever d'une communication irresponsable.

  • Est déconnectée de la stratégie et de la gouvernance de l’entreprise. Une raison d'être réduite à un outil de communication externe, sans lien avec les politiques internes, les KPI, les budgets ou le suivi exercé par la direction, accroît le risque de social washing ou de greenwashing.

  • En contradiction avec les autres publications ou les performances de l'entreprise. Des incohérences entre la raison d'être et les informations figurant dans les procédures de réclamation (MGPP 3), les politiques de marketing et de communication responsables (MGPP 4) ou le reporting de durabilité (MGPP 6) sont susceptibles d'être signalées lors de la vérification comme autant d’éléments pouvant nuire à la crédibilité de l’entreprise.

  • Trop restrictive. Une raison d'être publique centrée sur un segment restreint de l’offre (par exemple, une seule gamme de produits) ou sur un seul segment de clientèle ne peut servir de principe directeur pour l'ensemble des activités de l’entreprise.


Dans la mesure où la sous-exigence MGPP 1.1 est étroitement liée aux exigences en matière de marketing et communication responsables, de gouvernance et de reporting public, toute incohérence entre ces domaines est susceptible d'être signalée lors de la vérification. 

Quand cette exigence s'applique-t-elle ?

La sous-exigence MGPP 1.1 s'applique à toutes les entreprises dès l'Année 0 dans le cadre des standards de B Lab V2, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. Elle est particulièrement pertinente lorsque les entreprises :

  • Se préparent à une certification initiale ou à une recertification dans le cadre des nouveaux standards.

  • Mettent à jour leurs documents constitutifs pour satisfaire aux exigences de base (EB2).

  • Passent en revue et harmonisent leurs supports de communication publics (site internet, rapports d'impact, communications) avant de soumettre leurs réponses au B Impact Assessment.

Les entreprises sont tenues de finaliser et de publier leur raison d'être avant de soumettre leur auto-évaluation sur B Impact, afin que leurs réponses soient cohérentes avec ce qui est accessible au public. Cela prépare également le terrain pour les exigences ultérieures relatives au suivi par la plus haute instance de direction (MGPP 5) et au reporting de durabilité (MGPP 6), qui s'appuient sur une raison d'être publique clairement établie.


Comment documenter votre raison d'être sur la plateforme B Impact

Afin de satisfaire à la sous-exigence MGPP 1.1, la raison d'être doit : 

  1. Être publique et facile à trouver

Rendez-la accessible au public et facile à trouver (par exemple, sur une page « À propos » ou « Notre raison d'être » accessible depuis la page d'accueil de votre site internet).

  1. Exprimer clairement un impact positif spécifique

Décrivez de manière concrète la valeur sociale et/ou environnementale que votre entreprise entend créer, sans se limiter aux bénéfices pour la clientèle ou aux valeurs de l’entreprise. La raison d’être doit être suffisamment ambitieuse pour avoir un impact significatif, tout en demeurant réaliste au regard des capacités de l'entreprise. Conseil : Vérifiez si votre raison d'être peut être reliée aux Objectifs de développement durable. Au-delà de votre clientèle, explorez la manière dont l'entreprise peut contribuer positivement à la société.

  1. Être clairement liée aux activités de l’entreprise

Reliez directement votre raison d’être à vos produits, services, clientèle et chaîne de valeur, afin que l'entreprise puisse réellement la mettre en œuvre et s'en servir comme principe directeur de son modèle d'affaires. Conseil : Rattachez la raison d'être à l'histoire fondatrice de l'entreprise.

  1. Être approuvée par la plus haute instance de direction

Assurez-vous de pouvoir documenter la validation de votre raison d'être par la plus haute instance de direction de votre entreprise.

  1. Appuyée de pièces justificatives fournies via la plateforme B Impact

Au moment de renseigner la sous-exigence MGPP 1.1 sur la plateforme B Impact, il vous faudra transmettre les documents suivants :

  • Un PDF ou une capture d'écran de la page web présentant la raison d'être, ainsi qu'une déclaration complémentaire si la raison d'être n'explicite pas son ancrage dans l'activité de l'entreprise.

  • Si l'entreprise ne dispose pas de site internet public : tout document officiel accessible au public, tel que des brochures numériques ou imprimées, ou tout contenu hébergé sur le site d'une autre organisation.

  • La feuille de route stratégique de l'entreprise, indiquant comment la raison d'être est intégrée à l'activité à travers des objectifs généraux et des KPI associés.

  • Le compte rendu d'une réunion ou une lettre officielle émanant de la plus haute instance de direction attestant par écrit de la validation de la raison d'être de l’entreprise, ainsi que la politique interne relative à la communication de cette validation.

  1. Assurer la cohérence avec l'ensemble des exigences de la thématique MGPP

Afin de satisfaire à la sous-exigence MGPP 1.1 et éviter les risques de social washing ou de greenwashing, la raison d'être de l’entreprise ne doit pas être évaluée de manière isolée. Dans l'ensemble des standards de B Lab, ces risques sont considérés comme des enjeux systémiques en lien avec la gouvernance de l'entreprise, et non comme de simples erreurs de communication.

Ces risques surviennent lorsque la raison d'être :

  • N’est pas suivie par la plus haute instance de direction (MGPP 5).

  • Ne s’accompagne pas d’objectifs ou de reporting public (MGPP 6).

  • Est communiquée de manière irresponsable ou disproportionnée (MGPP 4).

  • Ne peut être mise à l'épreuve ni remise en question par les parties prenantes via des mécanismes de consultation ou de réclamation (MGPP 2 & 3).


C'est pourquoi, pour satisfaire à la sous-exigence MGPP 1.1, la raison d'être publique de l'entreprise doit être alignée avec la gestion de sa performance sociale et environnementale, au regard des autres exigences de la thématique d'impact Mission et Gouvernance des Parties Prenantes.

  1. Bonne pratique recommandée : rendre compte publiquement du progrès de l’entreprise dans la mise en œuvre de sa raison d'être

Au-delà des exigences à satisfaire pour obtenir la certification, les standards encouragent les entreprises à rendre compte régulièrement de leurs progrès dans la mise en œuvre de leur raison d'être, au sein de leurs rapports d'impact ou de durabilité annuels.

Cela permet de :

  • Démontrer que la raison d'être affichée publiquement se traduit par des actions concrètes et des résultats tangibles.

  • Fournir aux parties prenantes des informations transparentes, aussi bien sur les contributions positives que sur les axes d'amélioration.

  • Renforcer le lien entre les exigences MGPP 1.1 (raison d'être publique), MGPP 5 (suivi par la plus haute instance de direction) et MGPP 6 (reporting et transparence).

Il s’agit d’un cycle en trois étapes : définir une raison d'être publique claire, l'ancrer dans la gouvernance et la stratégie, et rendre compte de ses avancées de manière transparente. À terme, ce cycle permet de réduire les risques de social washing et de greenwashing, et renforce la crédibilité de la certification B Corp.

Lien entre les exigences juridiques B Corp et l’exigence MGPP 1

Afin de satisfaire aux exigences juridiques B Corp (exigence de base EB2), les entreprises doivent faire évoluer leur gouvernance pour prendre en compte les intérêts de l'ensemble des parties prenantes et adopter comme raison d’être la création d'un « impact positif significatif sur la société ou l'environnement ».

L’exigence MGPP 1 porte sur la manière dont cette raison d'être est exprimée publiquement et mise en œuvre concrètement : elle exige une raison d'être publique clairement axée sur la société, l'environnement, ou les deux, et intégrée à la stratégie de l'entreprise.

Si la raison d'être juridique de votre entreprise satisfait déjà aux critères de la sous-exigence MGPP 1.1, c'est-à-dire qu'elle exprime clairement un impact positif concret et est intégrée à votre gouvernance et votre stratégie, elle est susceptible de satisfaire à la fois aux exigences juridiques B Corp et à la sous-exigence MGPP 1.1.


Pour plus d’informations à ce sujet, veuillez consulter l'article suivant du centre de ressources : Connection between the B Corp Legal Requirement and the PSG 1 Requirement.


Note importante : Les informations contenues dans cet article ne font pas partie des standards de B Lab et doivent être utilisées à titre informatif uniquement. Elles ne garantissent pas un résultat d'audit favorable. Toutes les décisions d'audit sont prises de manière indépendante par les organismes vérificateurs tiers indépendants qui travaillent avec B Lab. B Lab décline toute responsabilité quant aux actions, décisions ou omissions de ces prestataires indépendants. 

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