Mis à jour le jeudi 9 avril à 14h03
Choisir ses cinq évaluations relatives aux collaborateurs et collaboratrices
Étude de cas 1 : Agence de marketing indépendante comptant 60 collaborateurs et collaboratrices
Dans le cadre de la thématique d'impact Justice, Équité, Diversité et Inclusion (JEDI), les entreprises sont tenues de collecter des données et des retours des collaborateurs et collaboratrices, puis d'utiliser ces informations pour choisir des actions ciblées en matière de JEDI. Plus précisément, au titre de la sous-exigence JEDI 1.1, si votre entreprise compte 50 collaborateurs et collaboratrices ou plus (sur la base de l’effectif), elle est tenue de :
Recueillir des données sur l'identité de genre ou le sexe assigné à la naissance pour au moins cinq indicateurs RH, c’est-à-dire relatifs aux collaborateurs et collaboratrices,
Ventiler ces données afin de rendre compte en interne des évaluations choisies.
L'ensemble de ces démarches doit être réalisé de manière volontaire et permettre aux collaborateurs et collaboratrices de rester anonymes.
Identité de genre versus sexe assigné à la naissance
Avant de concevoir votre approche de collecte de données, il est important de comprendre la distinction entre ces deux catégories.
L'identité de genre est la connaissance intime et profonde qu'une personne a de son propre genre. Toute personne a une identité de genre. Les catégories d'identité de genre varient selon les pays, les cultures et les langues, et évoluent dans le temps. Dans de nombreux pays francophone, les catégories sont les suivantes : homme, femme, et non-binaire.
Le sexe assigné à la naissance est attribué à une personne à sa naissance sur la base de son anatomie externe (masculine ou féminine). Le sexe assigné à la naissance ne reflète pas la complexité du développement du corps humain. Le sexe n'est pas uniquement déterminé par l'anatomie, et n'est pas strictement binaire. Les personnes peuvent également modifier leur corps par le biais d'une transition médicale, modifiant ainsi fondamentalement le sexe qui leur a été assigné à la naissance. De nombreuses entreprises disposent déjà de cette information de manière indirecte, via leurs dossiers juridiques ou RH. Dans les contextes où demander des informations sur l'identité de genre est difficile ou risqué, les standards vous permettent de satisfaire à la sous-exigence JEDI 1.1 en collectant uniquement le sexe assigné à la naissance.
La sécurité d’abord : les deux points suivants sont essentiels dans le cadre des standards.
L'entreprise n'est pas tenue de conserver des informations relatives au sexe, au genre ou à l'identité sociale dans ses dossiers du personnel.
Si la collecte d'informations sur l'identité de genre est interdite par la loi ou présente un risque pour les collaborateurs et collaboratrices, l'entreprise doit mettre en place des mesures alternatives.
Parmi les alternatives acceptables :
Demander uniquement le sexe assigné à la naissance (par exemple masculin / féminin).
Inclure une catégorie « autre » sans libellé spécifique (par exemple homme / femme / autre).
Proposer une option « préfère ne pas dire » ou offrir la possibilité aux collaborateurs et collaboratrices de ne pas répondre à la question.
Lorsque c’est possible, les standards recommandent explicitement de collecter des données sur l'identité de genre plutôt que sur le seul sexe assigné à la naissance, car cela permet de mieux refléter l’expérience vécue au travail et les possibles discriminations subies.
Choisir ses cinq indicateurs RH
Au titre du critère de conformité JEDI 1.1.3, vous devez sélectionner et suivre l’évolution d’au moins cinq indicateurs RH, et les ventiler par identité de genre ou par sexe assigné à la naissance. Cela permet d'identifier les disparités au sein de l’entreprise et de prendre des mesures ciblées et concrètes pour y remédier.
Les standards proposent une liste non exhaustive d’indicateurs RH, notamment :
la classification professionnelle (catégories d'emploi, statut, types de contrat),
la représentation au sein de la plus haute instance de direction ou de l'équipe de direction,
le recrutement, la promotion, les opportunités ou la participation à des formations,
la fidélisation (ou rétention), les départs volontaires ou le turnover,
les horaires de travail et les heures supplémentaires,
les salaires (en lien avec l’exigence TE 2),
la perception des conditions de travail,
les plaintes ou réclamations (en lien avec l’exigence MGPP 3),
la perception de la culture d'entreprise (en lien avec l’exigence TE 4).
Afin d’identifier précisément où se situent les disparités, il est recommandé de sélectionner des indicateurs couvrant l'ensemble du parcours des collaborateurs et collaboratrices au sein de l’entreprise, notamment :
Recrutement : Qui sont les personnes candidates, présélectionnées et recrutées ?
Promotion : Certaines catégories de genre sont-elles « bloquées » dans des fonctions particulières ou en dessous d’un certain niveau hiérarchique ?
Salaires : Pratiquez-vous l'égalité de rémunération pour un travail égal, quelle que soit l'identité de genre ?
Fidélisation et départs : Qui part, à quel endroit, à quelle étape de carrière, et pour quelles raisons ?
Perception de la culture d'entreprise : Certains groupes (par exemple les collaborateurs et collaboratrices s'identifiant comme « homme », « femme » ou « non-binaire ») ont-ils une expérience différente de votre environnement de travail ?
Comment collecter et ventiler vos données
Au moment de choisir et de concevoir la méthode de collecte et de ventilation de ces données, vous devez prendre en compte les trois principes fondamentaux relatifs au critère de conformité JEDI 1.1.4 :
Participation volontaire : les collaborateurs et collaboratrices doivent pouvoir choisir librement de communiquer ou non leurs données.
Anonymat : les collaborateurs et collaboratrices doivent pouvoir rester anonymes.
Non-désanonymisation : l'entreprise veille à prévenir l’identification accidentelle des collaborateurs et collaboratrices qui participent à l’évaluation, en particulier au sein de petits groupes.
Pour plus de précisions sur les bonnes pratiques à suivre en matière de collecte de données relatives à la thématique JEDI, veuillez consulter l’article suivant du centre de ressources Comment collecter des données JEDI de manière anonyme et volontaire.
Études de cas
La collecte de données sur le genre ou le sexe assigné à la naissance dans le cadre des indicateurs RH aide les entreprises à mieux comprendre comment les impacts et les opportunités varient selon le genre ou le sexe au sein de l'entreprise. Ces informations orientent ensuite le choix des actions à mettre en œuvre dans le cadre de l’exigence JEDI 2.
Les études de cas suivantes illustrent comment une entreprise collecte des données sur les perceptions de ses collaborateurs et collaboratrices en matière de diversité et d'inclusion, identifie et suit la manière dont leur expérience diffère selon le genre ou le sexe, puis utilise ces enseignements pour choisir ses actions en matière de JEDI au titre de l’exigence JEDI 2.
Étude de cas 1 : Agence de marketing indépendante comptant 60 collaborateurs et collaboratrices
Étude de cas 2 : Multinationale du secteur des produits de grande consommation (PGC) présente dans plusieurs pays, comptant 3 700 collaborateurs et collaboratrices
Note importante : Les informations contenues dans cet article ne font pas partie des standards de B Lab et doivent être utilisées à titre informatif uniquement. Elles ne garantissent pas un résultat d'audit favorable. Toutes les décisions d'audit sont prises de manière indépendante par les organismes vérificateurs tiers indépendants qui travaillent avec B Lab. B Lab décline toute responsabilité quant aux actions, décisions ou omissions de ces prestataires indépendants.
Cet article a-t-il été utile ?
C'est super !
Merci pour votre commentaire
Désolé ! Nous n'avons pas pu vous être utile
Merci pour votre commentaire
Commentaires envoyés
Nous apprécions vos efforts et nous allons corriger l'article