JEDI 1 : Comment utiliser les retours des parties prenantes pour choisir vos actions JEDI et élaborer votre plan d’action

Modifié le  Lun, 7 Sept. à 11:16 H


Sommaire


Introduction

Ce guide s’adresse aux entreprises certifiées B Corp et à celles qui travaillent sur la thématique d’impact « Justice, équité, diversité et inclusion » (JEDI). Cet article présente les moyens par lesquels les entreprises peuvent utiliser les données et les retours recueillis dans le cadre de JEDI 1 pour mettre en œuvre des actions concrètes dans le cadre de JEDI 2. Il offre un bref aperçu dont les détails seront approfondis dans des articles ultérieurs.

Pourquoi les retours des parties prenantes sont-ils importants ?

Sans l’implication des parties prenantes, les actions JEDI risquent d’être purement symboliques ou déconnectées de la réalité vécue par les personnes. La thématique d’impact JEDI est conçue pour aider les entreprises à mesurer les disparités entre les groupes, à recueillir les retours des parties prenantes et à prendre des mesures visant à créer des modes et des environnements de travail plus diversifiés et inclusifs. Être à l’écoute des parties prenantes est également essentiel pour instaurer la confiance et protéger la dignité des personnes : cela montre que leurs expériences comptent, que les préjudices ou les inégalités seront pris au sérieux, et que l’entreprise est disposée à assumer la responsabilité de mettre en place des changements.

La thématique d’impact « JEDI » comporte quatre étapes interdépendantes :

  1. La collecte de données ventilées et des retours des parties prenantes (JEDI 1) 

  2. La synthèse des données clés et des conclusions issues des retours des parties prenantes

  3. Le choix des actions JEDI pertinentes

  4. L’élaboration d’un plan d’action JEDI basé sur les données collectées

Collecte des retours des parties prenantes concernant votre plan d’action JEDI

Commencez par identifier les parties prenantes concernées : toutes les personnes et communautés touchées par vos propres opérations et votre chaîne de valeur (par exemple, les clients, les agriculteurs fournisseurs, les investisseurs, les riverains et les bénévoles). Incluez systématiquement les salarié·es et les autres collaborateurs et collaboratrices, et tenez compte des différents groupes de collaborateurs et collaboratrices (sites, catégories d’emploi, ancienneté, types de contrat). Intégrez explicitement les groupes systématiquement défavorisés, tels que les personnes en situation de handicap, les personnes migrantes, certains groupes ethniques et les personnes LGBTQIA+.

Choisissez des canaux de collecte de retours sûrs et pratiques : enquêtes anonymes, sessions d’écoute, entretiens individuels et canaux existants tels que les mécanismes de représentation du personnel ou les mécanismes de traitement des réclamations. Lorsque vous invitez des personnes, expliquez clairement : 

  • Pourquoi collectez-vous ces retours ?

  • Comment les informations seront-elles utilisées et qui y aura accès ?

  • À quoi les personnes peuvent-elles s’attendre ensuite : le plan d’action

  • Comment l’anonymat et la confidentialité seront-ils protégés ?

En cas de doute, privilégiez l’inclusion d’un plus grand nombre de parties prenantes et affinez votre sélection par la suite, plutôt que d’exclure des groupes trop tôt.

Exemple de communication de la demande de retours d’expérience aux parties prenantes

« Nous recueillons des retours d’expérience afin de mieux comprendre comment nos politiques, notre culture et nos pratiques quotidiennes affectent les différents groupes de collaborateurs et collaboratrices. Nous croiserons vos réponses avec nos données RH (par exemple, sur le recrutement, les promotions et les départs) pour identifier les priorités JEDI et choisir des actions concrètes.

Un petit groupe de projet interne, comprenant des représentants du personnel dans la mesure du possible, aura accès aux résultats bruts. Avant de diffuser plus largement les conclusions, nous les anonymiserons et supprimerons toute information susceptible d’identifier des personnes individuelles.

Après avoir analysé les résultats, nous partagerons les thèmes principaux et les actions prévues dans un plan d’action accessible à tous les salarié·es et autres collaborateurs et collaboratrices. Nous expliquerons également ce à quoi nous pouvons et ne pouvons pas nous engager à court terme, ainsi que la date à laquelle vous pouvez vous attendre à un point d’étape sur l’avancement des chantiers. »

Synthèse des données clés et des conclusions issues des retours des parties prenantes

Ensuite, rassemblez toutes les contributions : dans la mesure du possible, ventilez les indicateurs selon différentes catégories d’identité et d’emploi (par exemple, identité de genre ou sexe à la naissance, origine ethnique le cas échéant, handicap, catégorie professionnelle, site). Rédigez une à deux phrases par indicateur pour décrire ce que vous observez et quels groupes sont les plus touchés.

  • Données relatives aux personnes (marqueurs d’identité sociale, recrutement, promotion, départs, formation, salaires, plaintes, culture d’entreprise)

  • Retours des parties prenantes (réponses aux enquêtes, notes d’entretiens, résumés de groupes de discussion, e-mails)

Regroupez ensuite les retours qualitatifs en un ensemble de sujets pertinents pour la thématique JEDI (recrutement, promotion, rémunération, culture d’entreprise, plaintes). Notez la fréquence d’apparition de chaque sujet et son degré de gravité apparent.

Par exemple : « Sur l’ensemble des sites, le taux de rotation annuel est de 12 %, mais il atteint 22 % chez les collaborateurs et collaboratrices temporaires et 25 % chez les collaborateurs et collaboratrices qui s’identifient comme personnes migrantes occupant des postes dans les entrepôts. » ou « Globalement, 78 % des clients jugent notre produit “facile à utiliser”, mais ce chiffre tombe à 46 % chez les clients qui s’identifient comme ayant une déficience visuelle. »

Choisissez les actions JEDI en vous appuyant sur les données et les retours des parties prenantes

Utilisez les enseignements retirés suite au travail de collecte relatif à JEDI 1 pour passer en revue les actions dans le cadre de JEDI 2 (JEDI 2.a–s) dans les domaines suivants : 

  • Actions relatives au socle de base (a-e)

  • Actions au sein du lieu de travail (f-l)

  • Actions au-delà du lieu de travail (m-s)

Pour les entreprises comptant plus de 10 collaborateurs et collaboratrices, chaque enseignement clé doit permettre d'identifier les actions JEDI pertinentes qui adressent ces enseignements, en :

  • Documentant les données JEDI 1 auxquelles chaque action répond,

  • Documentant les retours des parties prenantes auxquels chaque action répond

  • Définissant entre trois et cinq sujets prioritaires JEDI, chacune liée aux données collectées dans le cadre de JEDI 1 et à des retours spécifiques.

  • Identifiant, pour chaque sujet prioritaire, des actions prioritaires, en veillant à choisir au moins le nombre requis pour votre taille, et en établissant un lien avec les données collectées dans le cadre de JEDI 1 et les retours d’expérience.

Élaborer un plan d’action JEDI avec des priorités claires

Pour les entreprises de taille “petite ou plus", leurs actions doivent être consignées dans un tableau comprenant :

  • Sujet prioritaire relatif aux enjeux JEDI

  • Action relative aux enjeux JEDI (langage clair et simple)

  • Données et retours d’information (d'après JEDI 1) 

  • Responsable

  • Calendrier

  • Ressources

  • Statut

Pour les micro-entreprises, cela est facultatif mais recommandé.

Pour toutes les entreprisesnous recommandons de : 

  1. Donnez la priorité aux actions qui :

  • Répondent aux problèmes les plus gravement ressentis

  • Bénéficient aux groupes systématiquement défavorisés

  • Sont réalisables avant le prochain cycle d’audit

  1. Assurez-vous que les collaborateurs et collaboratrices puissent accéder au plan d’action et le consulter régulièrement. Communiquez les éléments clés et les mises à jour aux parties prenantes afin qu’elles puissent voir comment leurs retours ont influencé votre travail sur les enjeux JEDI.

En fin de compte, travailler dans le cadre de JEDI 1 et JEDI 2 n’est pas un exercice ponctuel ni un moyen de « prouver » que vos pratiques sont déjà équitables. Il s’agit d’une pratique continue consistant à écouter, à apprendre et à s’adapter lorsque des éléments probants montrent que certains groupes sociaux de collaborateurs et collaboratrices sont discriminés ou exclus.

Dans ce travail, il est important de montrer votre volonté d’entendre les retours d’expérience difficiles ou compliqués, de reconnaître les lacunes de votre entreprise et de faire preuve de transparence quant à vos prochaines actions. Il s'agit d'assumer vos responsabilités en rendant régulièrement compte à vos parties prenantes et en analysant vos données, en montrant comment leurs contributions ont influencé vos décisions et en faisant preuve d’ouverture tant sur les progrès que sur les lacunes.

Note importante : Les recommandations fournies dans cet article ne font pas partie des standards du B Lab et doivent être utilisées à titre informatif uniquement. Ils ne garantissent pas un résultat d’audit favorable. Toutes les décisions d’audit finales sont prises de manière indépendante par les organismes vérificateurs indépendants qui travaillent avec B Lab. B Lab décline toute responsabilité quant aux actions, décisions ou omissions de ces prestataires indépendants.


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