Sommaire
- Introduction
- Qu’est-ce que représente GEC 2.6 dans les standards de B Lab ?
- Comment déterminer si votre industrie est concernée par GEC 2.6 ?
- Comment identifier vos prospects ou projets potentiels les plus matériels
- Comment évaluer l’impact environnemental négatif potentiel d’un client ou d’un projet ?
- Comment atténuer l’impact environnemental négatif potentiel ?
- Exemples
- Recommandations et conseils complémentaires
Introduction
Les clients et les projets jouent un rôle essentiel dans l’empreinte environnementale d’une entreprise de services. Afin de garantir que les entreprises certifiées B Corp sélectionnent leurs clients et leurs projets en tenant compte de leur impact environnemental, les standards de B Lab exigent que les entreprises de certaines industries du secteur « Services à faible empreinte » évaluent les impacts environnementaux négatifs liés à leurs clients et projets potentiels, et prennent les mesures d’atténuation nécessaires.
Cet article explique comment les entreprises peuvent se conformer à la sous-exigence GEC 2.6, en adoptant une approche pratique, proportionnée et intégrée qui s’appuie sur la diligence raisonnable en matière d’environnement.
Qu’est-ce que représente GEC 2.6 dans les standards de B Lab ?
Les entreprises du secteur des « Services à faible empreinte » peuvent avoir des impacts environnementaux indirects liés à leur choix de clients et de projets. Par exemple, une agence de publicité peut contribuer à des impacts potentiels en commercialisant des produits qui encouragent la surconsommation et aggravent le changement climatique. Pour remédier à ces impacts indirects, GEC 2.6 demande aux entreprises de certaines industries (par exemple l’ingénierie, l’immobilier, la publicité et études de marché) d’évaluer les impacts environnementaux négatifs liés aux prospects organisationnels et projets envisagés, et de prendre les mesures d’atténuation nécessaires.
Cette sous-exigence vise à réduire le risque de contribuer au « greenwashing » ou à d’autres impacts négatives. L’intention n’est pas d’exclure des clients ou des projets spécifiques, mais plutôt de garantir qu’une approche axée sur la durabilité soit appliquée lors de la sélection des clients ou des projets avec lesquels travailler, afin que des mesures d’atténuation puissent être prises pour remédier aux impacts environnementaux négatifs potentiels.
Les catégories d’impacts environnementaux négatifs potentiels peuvent inclure, entre autres, la contribution au changement climatique, à la pollution de l’eau, des sols, de l’air ou sonore, à la perte de biodiversité ou à d’autres formes de dégradation de l’environnement, à l’exploitation et à l’extraction de ressources naturelles, ainsi qu’aux déchets et à la pollution.
Comment déterminer si votre industrie est concernée par GEC 2.6 ?
Dans certains cas, les sous-exigences sont adaptées à quelques industries. La sous-exigence GEC 2.6 s’applique aux 28 industries suivantes :
Services d'aménagement paysager
Publicité et études de marché
Conseil en environnement
Ingénierie
Recherche & Développement scientifique
Activités vétérinaires
Activités juridiques
Conseil en gestion - à but lucratif
Édition de livres
Édition - journaux et magazines
Production cinématographique, télévisuelle et musicale
Programmation et diffusion
Services de programmation informatique
Traitement et hébergement de données
Applications mobiles
Réseaux sociaux et partage d'informations
Édition de logiciels et plateformes SaaS
Télécommunications
Portails web
Autres activités de services d'information
Conception et planification architecturales
Génie civil
Maîtrise d’œuvre et construction
Conception et construction
Autres travaux d'installation et de construction
Promotion immobilière
Immobilier - honoraires/contrats
Immobilier - biens loués
Comment identifier vos prospects ou projets potentiels les plus matériels
Le terme « prospect organisationnel » désigne des clients qui sont des organisations, y compris des entreprises, des organisations du secteur public et des organisations de la société civile. Cela exclut les individus. Vous pouvez déterminer vos clients ou projets les plus matériels en utilisant une ou plusieurs des catégories suivantes :
le chiffre d’affaires généré par le projet ou le client,
le nombre d’heures consacrées à la collaboration avec ledit client, ou
l’importance d’un impact environnemental négatif potentiel
Il est recommandé d’utiliser plusieurs critères pour déterminer les clients ou projets « les plus matériels », notamment l’importance des impacts négatifs potentiels.
Pour évaluer l’importance d’un impact environnemental négatif potentiel, l’entreprise doit tenir compte de sa probabilité et de sa gravité. Pour plus d’informations sur la hiérarchisation des impacts environnementaux les plus significatifs, consultez la section correspondante de l’article « GEC 1.7 : Comment réaliser une évaluation des impacts environnementaux ».
Si l’entreprise mène plusieurs projets avec un même client, elle n’a pas besoin de réévaluer ce client. Elle peut également évaluer les clients liés par groupes, tels que les filiales d’un même groupe d’entreprises. Elle doit toutefois évaluer chaque projet individuellement.
Comment évaluer l’impact environnemental négatif potentiel d’un client ou d’un projet ?
Le processus d’évaluation des impacts environnementaux négatifs potentiels mis en place par l’entreprise peut consister, par exemple, à :
Effectuer des recherches en ligne sur les prospects, notamment sur :
leur participation à des initiatives en matière de durabilité
leurs résultats obtenus dans les indices de référence et classements publics
leurs certifications
leurs rapports d'impact et autres engagements publics
leur approche en matière d’évaluation et d’atténuation de leurs propres impacts environnementaux
L’existence d’un comité interne chargé d’évaluer les clients et les projets
Recueillir les retours d’expérience des collaborateurs et collaboratrices ou des pairs concernant un prospect ou un projet envisagé
La définition de critères d’exclusion, par exemple, ne pas travailler avec certaines industries, pays ou clients spécifiques à haut risque (parmi lesquels figurent notamment les énergies fossiles, le nucléaire, l’industrie minière, le tabac, la fabrication d’armes, la défense, etc.)
La création d’une matrice des risques pour évaluer les industries ou les prospects en fonction de la gravité et de la probabilité des impacts potentiels, ainsi que des mesures d’atténuation mises en place par le client.
Il s'agit d'une liste d'exemples à titre indicatif : vous pouvez utiliser d'autres méthodes.
Comment atténuer l’impact environnemental négatif potentiel ?
Les mesures d'atténuation mises en œuvre par l'entreprise peuvent consister, entre autres, à :
Engager un dialogue avec le client et ajuster conjointement le projet afin de prendre en compte les critères environnementaux et de prévenir ou d’atténuer les impacts environnementaux
Refuser les clients et les projets présentant des impacts négatifs potentiels, à moins que le projet de l’entreprise ne permette de remédier à ces impacts négatifs potentiels.
Exemples
Entreprise A : une société de logiciels développant une plateforme d’analyse de données pour un client majeur du secteur de la grande distribution.
Ce qu’elle a identifié :
La plateforme nécessite d’importantes ressources de cloud computing, ce qui contribue à une forte consommation d’énergie des data centers.
Le client ne disposait d’aucune politique en matière d’hébergement de plateforme cloud plus écologique et n’avait pas pris en compte l’efficacité énergétique dans ses exigences techniques.
Mesures d'atténuation mises en œuvre :
Proposition et mise en œuvre d’algorithmes optimisés permettant de réduire la charge de traitement et, par conséquent, la consommation d’énergie
Conseil au client de migrer vers un fournisseur de cloud dont l’engagement en faveur des énergies renouvelables est certifié
Intégration de tableaux de bord de consommation d’énergie dans la plateforme afin que le client puisse surveiller et réduire son empreinte au fil du temps
Résultat constaté : le client a adopté une solution d’hébergement de plateforme plus respectueuse de l’environnement.
Entreprise B : une agence de publicité de taille moyenne sollicitée par une marque de fast fashion pour mener une campagne saisonnière à fort volume.
Ce qu’elle a identifié :
Le cahier des charges de la campagne visait à générer un volume d’achats maximal de vêtements à bas prix et à courte durée de vie.
Gravité jugée élevée : la fast fashion est directement liée aux déchets textiles, à la pollution de l’eau et à la pollution chimique issues de la production, ainsi qu’aux émissions de carbone liées à la logistique mondiale;
Le client n’avait pris aucun engagement en matière de durabilité et ne faisait preuve d’aucune transparence quant aux pratiques environnementales de sa chaîne d’approvisionnement.
Mesures d’atténuation prises :
Partage des préoccupations au client et proposition de recentrer la campagne sur une nouvelle gamme de produits durables plutôt que sur des articles saisonniers destinés à générer du volume
Le client a refusé de modifier le cahier des charges
L’agence a refusé le projet en vertu de ses critères d’exclusion internes concernant les clients issus de secteurs d'activité à haut risque et ne présentant pas d’engagements environnementaux crédibles.
Recommandations et conseils complémentaires
Si l’entreprise opère dans le domaine des relations publiques ou de la publicité, publiez les revenus par industrie des clients via un rapport de divulgation des clients.
Pour obtenir des ressources permettant d’identifier et d’atténuer les impacts environnementaux négatifs potentiels des clients des agences de création en particulier, consultez les analyses et ressources de Clean Creatives et envisagez de signer leur engagement une fois que vous aurez satisfait aux critères de la sous-exigence GEC 2.6. Reportez-vous également au guide d’interprétation de Race to Zero destiné aux agences de création concernant la divulgation d’informations sur les clients.
Note importante : les recommandations contenues dans cet article ne font pas partie des standards de B Lab et doivent être utilisées à titre informatif uniquement. Elles ne garantissent pas un résultat d’audit favorable. Toutes les décisions finales d’audit sont prises de manière indépendante par les organismes vérificateurs de B Lab. B Lab décline toute responsabilité quant aux actions, décisions ou omissions de ces prestataires indépendants.
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